La théorie de l'information intégrée est une thèse audacieuse qui prétend mesurer le degré de conscience d'un système au moyen d'une formule mathématique.
Super intéressant, mais ai-je manqué quelque chose ? Je ne vois pas en quoi le problème difficile de la conscience est approché, encore moins égratigné. Personnellement j'en étais resté à une confortable (et vague) "propriété émergente" faite du grand nombre d'interactions, et de haut degré de récursivité interne (façon Édgar Morin dans "la connaissance de la connaissance"), mais j'ai compris récemment que même cela n'était pas vraiment satisfaisant. Aujourd'hui, j'aime bien penser que la conscience est quelque part le fruit d'un dialogue intérieur entre plusieurs instances (c'est l'idée d'âme opposable comme le pouce opposable, préhension, compréhension). Chez les personnes "split-brain" on observe des choses étonnantes avec ce qui ressemble à une instance qui sait (comprend) sans se rendre compte, et une autre qui se rend compte sans savoir (sans comprendre). Ce problème difficile a encore de beaux jours devant lui !
Article très intéressant et débat philosophique inhérent très actuel.
Je souhaite simplement corriger une coquille mathématique : « Pour un système constitué de N unités élémentaires, il y a 2^N partitions possibles » → 2^N parties possibles.
Le nombre de partitions d'un ensemble à n éléments est donné par les nombres de Bell (https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Bell) et ne se calcule que par une somme de série ou par récurrence.
Pour le reste, je serai ravi de lire d'ici quelques années la manière dont a évolué ces domaines scientifiques de la conscience, avec pourquoi pas l'émergence (haha) de nouvelles concurrentes sérieuses ;)
Je m'étais intéressé aux partitions en deux sous-ensembles, d'où mon 2^N (mais je crois que la dernière formulation de l'ITT considère en effet des partitions générales)
L’information intégrée, c’est une propriété mesurable.
La conscience, c’est une expérience vécue " a la première personne"
Dire que l’une est l’autre, c’est un saut ontologique énorme.
Aussi contrairement à ce qu'à laisser présager l'article de cogitate, la théorie reste largement non testable à grande échelle ( les signatures neuronales proposées par iit ne sont ni spécifiques, ni robustes, ni uniques à la conscience)
L'ITT mesure le degré d'intégration d'un système qui serait la mesure de son niveau de conscience. Mais ne se basant pas sur la définition claire et acceptée de la conscience, qui d'ailleurs n'existe pas, faire ce lien me semble tout à fait gratuit! L'ITT est établie sur certaines propriétés choisies qui devrait caractériser la conscience, mais ne sont-elle pas choisies de façon arbitraire de façon à pouvoir être adressées avec la la théorie qu'on s'apprête à construire, tout en laissant d'autres de côté, comme par exemple celles qui conduisent à la formulation du problème difficile de la conscience?
Ceci étant, l'existence de différents niveaux de conscience est une hypothèse plus que plausible, les études des comportements animaux de ces dernières années semble le démontrer, que ce soit pour les primates, mais aussi bien d'autres organismes, jusqu'aux pieuvres. De ce point de vue l'ITT a le mérite de donner une théorie qui n'est pas liée à une réalisation matérielle unique, à l'inverse de la GNWT, mais ce n'est pas ce qui lui garanti qu'elle soit vraie.
Très intéressant ! J'ai une interrogation sur la distinction que fait l’IIT entre simulation et réalité. Si l’on prend l’exemple d’un acteur qui simulerait un rôle avec une perfection absolue, chaque seconde de sa vie, ne finirait-il pas par devenir ce personnage ? Au bout d’un moment, la distinction entre l’original et le rôle s'efface par la simple force de la constance. Pour l'IA, on peut se demander si une simulation "parfaite et constante" ne finit pas par créer une forme de vérité qui se suffit à elle-même, rendant le débat sur la structure interne secondaire par rapport à la réalité du persona produit.
Intéressant et l'ITT part bien d'une structure en sous système du cerveau très en vogue auprès des neuropsychiatres et neurochirurgiens. Par contre, je crains un peu l'étroitesse du paramètre PHI pour identifier l'existence d'une conscience. Le choix des sous-systèmes mais aussi des "axiomes" ont-ils été l'objet d'un partage avec le monde des neuro-spécialistes et des philosophes ?
Mais effectivement l'existence de ce travail montre que la question est bien ouverte et tout cela devrait nous éclairer sur la faisabilité d'une conscience numérique apte à dialoguer avec nous dans les années à venir.
It's such a fascinating subject! The science seems to be in its early stage, but it has such huge relevance these days that whatever it has to offer, I'll take it in a trice.
It seems strange though that a system made up of Einstein would be more conscient than Einstein holding a calculator in his hand - at least that's what it sounds on the face of it.
On the other hand, the thermostat point seems to me a good thing rather than a bad thing. I feel like the questions "what is consciousness" and "what is life" are related. Clearly in the case of life, there was gradual transformation from non-life to life. Same with consciousness. It's not like there was some prehistoric fish that one day suddenly went from non-conscious to conscious (the way I do when I drink my morning cup of coffee).
Speaking of "what is life", I am aware of evolution-related definitions but why can't we just say that the more complex the laws (or regularities or symmetries) that describe a system, the more it is alive? When I say "more complex", I mean literally, measured in the number of symbols that describe them. Evolution would then produce life because natural selection adds more and more predictable behaviors (laws) over time. Consciousness would then be just a special case of life.
I'm really curious to know of any counter-examples to the "complex laws" definition, and I think I found one in this article, namely correspondence table. This makes me wonder it's not about complex laws per se, but potential to develop complex laws over time. After all Berdyaev the philosopher said that the meaning of life is creation.
Je suis évidemment de l'avis du continuum de la conscience.
Et je ne suis pas sûr d'avoir compris en quoi la création d'une matrice invalidait la théorie de l' iit puisqu'il me semble évident que la matrice n'a pas de réalité physique.
Article passionnant comme toujours. Et surtout après la vidéo de m. Phi sortie il y a peu sur les âmes des machines 😉
Super intéressant, mais ai-je manqué quelque chose ? Je ne vois pas en quoi le problème difficile de la conscience est approché, encore moins égratigné. Personnellement j'en étais resté à une confortable (et vague) "propriété émergente" faite du grand nombre d'interactions, et de haut degré de récursivité interne (façon Édgar Morin dans "la connaissance de la connaissance"), mais j'ai compris récemment que même cela n'était pas vraiment satisfaisant. Aujourd'hui, j'aime bien penser que la conscience est quelque part le fruit d'un dialogue intérieur entre plusieurs instances (c'est l'idée d'âme opposable comme le pouce opposable, préhension, compréhension). Chez les personnes "split-brain" on observe des choses étonnantes avec ce qui ressemble à une instance qui sait (comprend) sans se rendre compte, et une autre qui se rend compte sans savoir (sans comprendre). Ce problème difficile a encore de beaux jours devant lui !
Article très intéressant et débat philosophique inhérent très actuel.
Je souhaite simplement corriger une coquille mathématique : « Pour un système constitué de N unités élémentaires, il y a 2^N partitions possibles » → 2^N parties possibles.
Le nombre de partitions d'un ensemble à n éléments est donné par les nombres de Bell (https://fr.wikipedia.org/wiki/Nombre_de_Bell) et ne se calcule que par une somme de série ou par récurrence.
Pour le reste, je serai ravi de lire d'ici quelques années la manière dont a évolué ces domaines scientifiques de la conscience, avec pourquoi pas l'émergence (haha) de nouvelles concurrentes sérieuses ;)
Merci pour tout David et bonnes fêtes !
Ah oui bien vu pour les partitions !
Je m'étais intéressé aux partitions en deux sous-ensembles, d'où mon 2^N (mais je crois que la dernière formulation de l'ITT considère en effet des partitions générales)
J'avoue moi même être un peu sceptique :
L’information intégrée, c’est une propriété mesurable.
La conscience, c’est une expérience vécue " a la première personne"
Dire que l’une est l’autre, c’est un saut ontologique énorme.
Aussi contrairement à ce qu'à laisser présager l'article de cogitate, la théorie reste largement non testable à grande échelle ( les signatures neuronales proposées par iit ne sont ni spécifiques, ni robustes, ni uniques à la conscience)
L'ITT mesure le degré d'intégration d'un système qui serait la mesure de son niveau de conscience. Mais ne se basant pas sur la définition claire et acceptée de la conscience, qui d'ailleurs n'existe pas, faire ce lien me semble tout à fait gratuit! L'ITT est établie sur certaines propriétés choisies qui devrait caractériser la conscience, mais ne sont-elle pas choisies de façon arbitraire de façon à pouvoir être adressées avec la la théorie qu'on s'apprête à construire, tout en laissant d'autres de côté, comme par exemple celles qui conduisent à la formulation du problème difficile de la conscience?
Ceci étant, l'existence de différents niveaux de conscience est une hypothèse plus que plausible, les études des comportements animaux de ces dernières années semble le démontrer, que ce soit pour les primates, mais aussi bien d'autres organismes, jusqu'aux pieuvres. De ce point de vue l'ITT a le mérite de donner une théorie qui n'est pas liée à une réalisation matérielle unique, à l'inverse de la GNWT, mais ce n'est pas ce qui lui garanti qu'elle soit vraie.
Merci pour cet article passionnant.
Très intéressant ! J'ai une interrogation sur la distinction que fait l’IIT entre simulation et réalité. Si l’on prend l’exemple d’un acteur qui simulerait un rôle avec une perfection absolue, chaque seconde de sa vie, ne finirait-il pas par devenir ce personnage ? Au bout d’un moment, la distinction entre l’original et le rôle s'efface par la simple force de la constance. Pour l'IA, on peut se demander si une simulation "parfaite et constante" ne finit pas par créer une forme de vérité qui se suffit à elle-même, rendant le débat sur la structure interne secondaire par rapport à la réalité du persona produit.
Intéressant et l'ITT part bien d'une structure en sous système du cerveau très en vogue auprès des neuropsychiatres et neurochirurgiens. Par contre, je crains un peu l'étroitesse du paramètre PHI pour identifier l'existence d'une conscience. Le choix des sous-systèmes mais aussi des "axiomes" ont-ils été l'objet d'un partage avec le monde des neuro-spécialistes et des philosophes ?
Mais effectivement l'existence de ce travail montre que la question est bien ouverte et tout cela devrait nous éclairer sur la faisabilité d'une conscience numérique apte à dialoguer avec nous dans les années à venir.
It's such a fascinating subject! The science seems to be in its early stage, but it has such huge relevance these days that whatever it has to offer, I'll take it in a trice.
It seems strange though that a system made up of Einstein would be more conscient than Einstein holding a calculator in his hand - at least that's what it sounds on the face of it.
On the other hand, the thermostat point seems to me a good thing rather than a bad thing. I feel like the questions "what is consciousness" and "what is life" are related. Clearly in the case of life, there was gradual transformation from non-life to life. Same with consciousness. It's not like there was some prehistoric fish that one day suddenly went from non-conscious to conscious (the way I do when I drink my morning cup of coffee).
Speaking of "what is life", I am aware of evolution-related definitions but why can't we just say that the more complex the laws (or regularities or symmetries) that describe a system, the more it is alive? When I say "more complex", I mean literally, measured in the number of symbols that describe them. Evolution would then produce life because natural selection adds more and more predictable behaviors (laws) over time. Consciousness would then be just a special case of life.
I'm really curious to know of any counter-examples to the "complex laws" definition, and I think I found one in this article, namely correspondence table. This makes me wonder it's not about complex laws per se, but potential to develop complex laws over time. After all Berdyaev the philosopher said that the meaning of life is creation.
Est-ce que vous connaissez Paul Jorion ?
https://www.pauljorion.com/blog/2025/08/29/comment-jai-decouvert-le-mecanisme-de-la-conscience-en-1999-episode-7-un-article-synthetique-sur-la-theorie-de-la-resonance-a-flux-croises-cfrt-de-la-conscience/
Je suis évidemment de l'avis du continuum de la conscience.
Et je ne suis pas sûr d'avoir compris en quoi la création d'une matrice invalidait la théorie de l' iit puisqu'il me semble évident que la matrice n'a pas de réalité physique.
Article passionnant comme toujours. Et surtout après la vidéo de m. Phi sortie il y a peu sur les âmes des machines 😉