Qui sera le prochain pape ? Demandez aux marchés de prédictions !
Un mécanisme simple et étonnant, qui permet d'agréger la sagesse des foules...
Cela ne vous aura pas échappé, les cardinaux s’apprêtent à se réunir prochainement en conclave pour désigner le successeur du Pape François, décédé le 21 avril 2025. Mais saviez-vous qu’un phénomène parallèle se déroule dans l'ombre : des millions de dollars s'échangent sur des plateformes de paris en ligne pour prédire qui sera le prochain pontife !
Sur Polymarket, une plateforme de marchés de prédiction, à l’heure où j’écris ces lignes, le cardinal italien Pietro Parolin est donné favori avec 28% de chances, suivi du cardinal philippin Luis Antonio Tagle à 20%, et du ghanéen Peter Turkson à 13%.
Ce type de paris sur l'élection papale n'est pas nouveau, il remonte même à la Renaissance ! Mais le mécanisme détaillé et leur accessibilité via Internet représentent un tournant : c’est un exemple de marché de prédictions, où l'argent réel vient quantifier les probabilités d'événements futurs.
Comment expliquer que ces plateformes, où des gens ordinaires parient sur l'issue d'événements à venir, parviennent parfois à des prédictions plus fiables que des experts ou des méthodes sophistiquées ? Une foule d'amateurs, guidée par l'appât du gain, peut-elle vraiment surpasser les spécialistes dans l'art délicat de la prévision ?
C'est tout l'enjeu de ces marchés de prédiction, qui proposent un mécanisme permettant d'exploiter notre intelligence collective. L’idée est d’exploiter cette capacité qu'ont les groupes à résoudre certains problèmes mieux que les individus isolés, via un mécanisme étonnamment simple : un marché où s'échangent des actions dont la valeur dépend de la survenue (ou non) d'événements futurs.
Un principe simple
Imaginez un marché où, au lieu d'acheter des actions d'entreprises, vous achetez des parts concernant un événement à venir. Par exemple, supposez que l’Équipe de France de football doive jouer en finale de la Coupe du Monde contre l’Angleterre, et imaginons qu’une semaine avant le match, je prenne un grand groupe de gens et je leur donne à chacun 100 actions “France”, et 100 actions “Angleterre”.
Le fonctionnement du marché est simple et tient en deux règles :
Durant la semaine à venir, les participants peuvent en permanence s’acheter et se vendre entre eux ces actions, en négociant deux-à-deux le prix qui leur chante, comme à la brocante.
Une fois l’issue du match connue, je verserai à chaque participant 1€ par action du vainqueur possédée.
Puisqu’au début vous avez 100 actions de chaque équipe, si vous ne faites rien, vous avez 100€ garantis. Si vous n’y connaissez strictement rien en foot, c’est peut-être la meilleure chose à faire. Mais pourriez-vous faire mieux que ça ? Si vous êtes convaincus que l’une des deux équipes a plus de chances que l’autre, vous avez intérêt à essayer de vous procurer des actions de celle-ci, et vous devriez au contraire vous délester des actions de l’équipe adverse.
Rappelons la règle : à la fin, une action du vainqueur vous rapportera 1€. Donc si vous pensez par exemple que la France a 70% de chances de gagner, et l’Angleterre seulement 30%, cela signifie que d’après vous une action “France” vaut en moyenne 0,7€, tandis qu’une action “Angleterre” en moyenne seulement 0,3€.
Ainsi, vous devriez logiquement chercher à acheter des actions “France” jusqu’à un prix maximum de 0,7€ (en les achetant à ceux qui pensent que la France ne va pas gagner), et au contraire céder vos actions “Angleterre” à toute personne qui vous en propose plus de 0,3€ (par exemple ceux qui sont convaincus que l’Angleterre a plus de chances de gagner).
Si un grand nombre de personnes procèdent ainsi, il en résulte un cours pour chaque action, qui est égal en temps réel le prix constaté auquel elle s’échange. Et on peut alors interpréter ce prix de marché comme une probabilité de l’événement en question. Une probabilité obtenue par agrégation des échanges réalisés par tous les participants.
Et suivre l’évolution de cette probabilité permet de mesurer à quelle point “la foule” pense qu’un événement va se réaliser ou pas.
Cette idée n'est pas nouvelle. Dès les années 1980, l'Université d'Iowa avait créé l'Iowa Electronic Markets, un marché de prédictions à but pédagogique, permettant de parier sur les résultats des élections américaines. Depuis sa création, ce marché a souvent surpassé les sondages traditionnels.
Historiquement, ces marchés s'inscrivent dans une tradition intellectuelle remontant notamment aux travaux de l'économiste Friedrich Hayek. Dans son article "The Use of Knowledge in Society" (1945), Hayek soutenait que les marchés sont efficaces précisément parce qu'ils agrègent des informations dispersées entre de nombreux individus, chacun possédant des connaissances particulières sur sa situation locale, qu’aucune autorité centrale ne pourrait recueillir efficacement.
Les marchés de prédictions appliquent ce principe à la prévision d'événements futurs : ils agrègent les informations, intuitions et analyses dispersées entre de nombreux participants pour aboutir à une estimation collective. Une manifestation de cette sagesse des foules dont parlait le journaliste James Surowiecki dans son livre du même nom.
Comment fonctionnent les marchés de prédictions ?
Pour comprendre le fonctionnement de ces marchés, il faut d'abord identifier les types de contrats qu'on peut y échanger. Les plus simples sont les contrats binaires, qui ne prévoient que deux issues possibles (comme notre exemple sur la finale de la coupe du monde, ou le costard de Volodymyr Zelensky). D'autres sont faits de catégories, permettant de parier sur plusieurs résultats mutuellement exclusifs (comme le cas de l'élection papale, où chaque cardinal est une option).
Un point essentiel du mécanisme, c’est que chaque marché doit avoir une date maximum d’échéance connue et fixée d’avance, et à laquelle le marché sera soldé quoi qu’il arrive. Donc les paris portent toujours sur la survenue d’événements avant une date donnée. On ne parie pas sur “Quelle est la probabilité que Bill Gates devienne président ?”, mais en fixant une date pour l’événement.
Dans le cas du pape, le marché que j’ai cité ci-dessus arrivera à échéance le 31 décembre 2025 quoi qu’il arrive. Parmi les actions que vous pouvez acheter, il y en a donc logiquement une appelée “Pas de nouveau pape en 2025”. Cette option est autour d’1% en ce moment, mais comme le marché avait démarré fin février, avant le décès du Pape François, son cours (ci-dessous en violet) a connu de fortes variations !
Pour le cas du pape, il n’y a pas trop de discussion, mais précisons tout de même que pour les questions ambigües (par exemple “un conflit entre la Chine et les États-Unis”), les critères de résolution soient aussi détaillés que possible.
Concernant les échanges, sur les sites qui implémentent en pratique des marchés de prédictions, les participants n’ont pas besoin de négocier deux à deux comme dans mon exemple fictif de la coupe du monde. Le site sert de courtier intermédiaire, et propose en permanence d’acheter ou vendre des actions à un prix qui évolue automatiquement pour se conformer à l’offre et la demande. Dans tous les cas, le mécanisme de base reste le même : le prix d'équilibre du marché reflète la probabilité attribuée collectivement à l'événement. Si un contrat "Parolin devient pape" s'échange à 0,29€ sur Polymarket, cela signifie que ce marché estime à 29% ses chances de victoire.
Pour que cette intelligence collective émerge efficacement, plusieurs conditions doivent toutefois être réunies. Conditions qui ne le sont d’ailleurs pas forcément dans mon exemple ! Premièrement, il faut de la diversité cognitive parmi les participants : chacun doit apporter des perspectives, des informations ou des méthodes d'analyse différentes. Deuxièmement, les participants doivent agir de manière indépendante, sans être trop influencés par les autres (pour éviter les cascades informationnelles et les comportements moutonniers). On sait à quel point c’est difficile…Enfin, il faut un mécanisme d'agrégation efficace, rôle que joue ici le marché.
Les marchés de prédictions ont également une dimension bayésienne intéressante. Dans l'approche bayésienne des probabilités, on ajuste constamment nos estimations à mesure que de nouvelles informations deviennent disponibles. C'est exactement ce que font ces marchés : lorsque les premières rumeurs sur les discussions entre cardinaux commencent à filtrer, les participants ajustent leurs positions en fonction de ces nouvelles données, et le prix, donc la probabilité estimée, évolue en temps réel.
Des prédictions dans tous les domaines
Les applications des marchés de prédictions sont aujourd'hui nombreuses et diversifiées, touchant des domaines aussi variés que la politique, l'économie, les sciences ou même le divertissement.
Le domaine où ces marchés ont fait leurs preuves les plus éclatantes est sans doute la politique, en particulier les élections. L'Iowa Electronic Markets, que nous avons déjà évoqué, prédit les résultats des élections présidentielles américaines depuis les années 1980 avec une précision remarquable. Sur les dernières décennies, ces marchés ont généralement surpassé les sondages en termes de précision. Plus récemment, des plateformes comme PredictIt ou Polymarket ont permis de parier non seulement sur le résultat final des élections, mais aussi sur une multitude d'événements politiques : nominations au cabinet, décisions de la Cour Suprême, résultats de votes législatifs spécifiques...
Lors de l'élection présidentielle américaine de 2016, alors que pratiquement tous les sondages et experts donnaient Hillary Clinton gagnante, les marchés de prédictions, bien qu'également favorables à Clinton, accordaient à Trump une probabilité non négligeable de victoire — généralement entre 15% et 40% selon les plateformes, contre souvent moins de 10% dans les modèles statistiques traditionnels. Sans avoir correctement prédit le résultat final, ils ont néanmoins mieux capturé l'incertitude réelle de cette élection.
Pour l'élection papale actuelle, les marchés de prédictions tentent une prévision particulièrement difficile. Comme le montre l'histoire, ils n'ont pas toujours eu raison – en 2013, le cardinal Bergoglio (le futur Pape François) n'était classé que 15ème sur certaines listes de bookmakers. Cette difficulté s'explique notamment par le secret du conclave et le petit nombre d'électeurs (seulement 135 cardinaux), rendant l'agrégation d'informations difficile pour les parieurs extérieurs.
Dans le monde de l'entreprise aussi, ces marchés ont tenté de trouver leur place. Google a expérimenté des marchés de prédictions internes dès 2005, permettant à ses employés de parier sur divers sujets : dates de lancement de produits, nombre d'utilisateurs de nouveaux services, ou évolution des parts de marché. Ces expériences ont souvent produit des prévisions plus précises que les estimations officielles des chefs de projet. Hewlett-Packard a mené des expériences similaires, constatant que les prévisions de ventes issues de son marché interne surpassaient régulièrement les prévisions officielles de l'entreprise.
Plus récemment, la santé publique s'est intéressée à ces outils. Pendant la pandémie de COVID-19, plusieurs marchés de prédictions ont été mis en place pour anticiper l'évolution de l'épidémie. Metaculus, une plateforme de prévision collaborative, a proposé des questions sur le nombre de cas, l'efficacité des vaccins ou les dates de fin des restrictions. D'autres initiatives visent à prédire les résultats d'essais cliniques, l'efficacité des nouveaux traitements ou la gravité de la prochaine saison grippale.
Autre cas amusant : la façon dont les marchés de prédictions ont accompagnés la controverse sur le LK-99, le supposé supraconducteur à température ambiante.
Pourquoi sont-ils souvent si précis ?
Comment expliquer que ces marchés, composés souvent de non-experts, puissent produire des prévisions d'une telle qualité ? Plusieurs mécanismes sont à l'œuvre.
Le premier est l'agrégation efficace d'informations dispersées. Dans notre société hyperconnectée, une quantité phénoménale d'informations pertinentes circule, mais de façon fragmentée. Un vaticaniste à Rome remarque une tendance parmi certains cardinaux, un observateur de l'Église en Afrique a accès à des informations sur les préférences des cardinaux africains, un journaliste en Amérique latine capte des rumeurs concernant les candidats de cette région... Toute nouvelle information significative se reflète presque instantanément dans le prix du marché. Un marché de prédictions permet d'agréger toutes ces informations parcellaires en une seule métrique publique : le prix. C'est ce que les économistes appellent l'efficience informationnelle des marchés, cette capacité à intégrer rapidement toute information pertinente.
Un autre facteur critique est le système d'incitations financières. Dans un sondage traditionnel, les répondants n'ont aucune incitation à être précis ou honnêtes. Dans un marché de prédictions, en revanche, les participants ont un intérêt financier direct à la précision : ils gagnent de l'argent s'ils ont raison, ils en perdent s'ils ont tort. Ils sont “skin in the game”, pour reprendre l’expression favorite de l’économiste Nicholas Taleb. Cette mise en jeu de leur propre argent les pousse à rechercher activement des informations pertinentes, à analyser rationnellement les données disponibles, et à corriger leurs biais cognitifs. Quelqu’un qui possède des informations qui lui semblent fiables sera incité à jouer, mais a contrario quelqu’un qui n’y connaît rien jouera peu, et pèsera donc peu sur le cours des actions.
Cette dimension est cruciale. Les études en psychologie montrent que nous sommes tous sujets à de nombreux biais : surconfiance, biais de confirmation, pensée magique (croire ce qu'on souhaite être vrai)... Lorsque de l'argent est en jeu, nous avons tendance à faire davantage d'efforts pour surmonter ces biais. Un catholique conservateur pourrait sincèrement croire que le cardinal Burke sera élu pape, mais s'il doit parier son propre argent, il sera incité à évaluer la situation plus objectivement – ce qui explique sans doute pourquoi, malgré sa popularité dans certains cercles, Burke n'est crédité (à l’heure où j’écris ces lignes !) que de 2% de chances sur Polymarket.
Enfin, les marchés de prédictions bénéficient d'un avantage structurel par rapport aux experts individuels : la diversité cognitive. Les experts souffrent souvent de biais similaires, utilisent les mêmes méthodes, lisent les mêmes sources. En principe, un marché de prédictions, s’il est suffisamment vaste, agrège les perspectives d'individus aux parcours, aux méthodes et aux sources d'information variés. Cette diversité est un atout majeur pour capturer la complexité des phénomènes réels.
Les limites de la prévision par le marché
Malgré leurs succès, les marchés de prédictions ne sont pas des oracles infaillibles, et présentent plusieurs limites importantes.
La première concerne les questions éthiques et juridiques. Certaines applications potentielles soulèvent des problèmes moraux évidents : est-il acceptable de créer des marchés prédisant des attaques terroristes, des assassinats politiques ou des catastrophes naturelles meurtrières ? En 2003, le Pentagone avait proposé un "marché des terrorismes" permettant de parier sur la probabilité d'attentats ou d'assassinats au Moyen-Orient. Face au tollé public, le projet fut rapidement abandonné. Outre l'aspect moralement discutable, de tels marchés pourraient créer des incitations perverses : quelqu'un pourrait être tenté de provoquer un événement pour gagner son pari (même si on pourrait argumenter que le même risque existe pour la bourse)
Dans le cas de l'élection du pape, la question éthique s’invite également. Le défunt Pape François lui-même avait d'ailleurs vivement critiqué ce qu'il appelait le "dogme de la foi néolibérale" selon lequel le marché pourrait résoudre tous les problèmes grâce à une "main invisible". Dans l'histoire de l'Église, cette tension est ancienne : en 1591, le pape Grégoire XIV avait même dans sa bulle Cogit Nos interdit tous les paris sur l'élection papale sous peine d'excommunication, bien que cette loi ait été abrogée en 1918.
Sur le plan juridique, ces marchés se heurtent souvent aux régulations sur les jeux d'argent et les paris. Aux États-Unis, PredictIt opère grâce à une exemption spéciale à des fins de recherche académique, avec des limites strictes sur les montants des paris. Manifold contourne le problème en gamifiant le tout avec du faux argent, ce qui pose évidemment problème pour l’efficacité du marché : si les participants ne jouent plus leur véritable argent, ils peuvent être tentés de jouer de façon risquée même s’ils n’ont pas de conviction claire.
Un autre problème majeur est celui de la manipulation, comme sur les marchés boursiers. Sur un marché peu liquide, c'est-à-dire avec peu de participants et de transactions, un acteur disposant de ressources importantes pourrait manipuler les prix pour créer une fausse impression de probabilité. Ce risque est d'autant plus grand que les marchés de prédictions peuvent influencer la réalité qu'ils tentent de prédire, un phénomène de prophétie autoréalisatrice. Si un marché prédit un fort risque de faillite pour une banque, cette prédiction même pourrait déclencher une panique bancaire conduisant effectivement à sa faillite (mais à nouveau, c’est la même chose en bourse).
Les marchés de prédictions se heurtent également aux limites intrinsèques de la prédictibilité. Certains événements, par nature, résistent à la prévision : ceux qui dépendent de processus chaotiques, de décisions arbitraires d'individus spécifiques, ou de systèmes d'une complexité extrême. Les marchés de prédictions ne sont pas magiques, ils ne peuvent pas prédire l'imprévisible. L'élection papale, avec son processus délibératif secret, tombe clairement dans cette catégorie d'événements difficiles à prévoir, ce qui explique leur bilan mitigé en 2013.
Notons aussi que les marchés de prédictions sont d’autant plus efficaces que la date d’échéance est proche. Un marché qui ne sera résolu que dans 10 ans (par exemple : “Y aura-t-il des humains sur Mars avant 2035 ?” ne sera pas une opportunité très attractive financièrement, et sera donc probablement peu actif et pertinent)
Enfin et surtout, les marchés de prédictions sont sensibles à divers biais comportementaux collectifs : aversion pour le risque, sur-réaction aux nouvelles récentes, préférence pour les résultats "conventionnels", comportements moutonniers... Ces biais peuvent persister même lorsque des incitations financières sont en jeu, limitant la précision des prédictions du marché, de la même façon que bien souvent un cours de bourse ne reflète pas toujours la valeur future réelle d’une entreprise.
Nous verrons dans les semaines à venir comment évoluent les courbes des marchés de prédictions concernant le futur pape…et il y a de bonnes chances que ce billet de blog vieillisse assez mal !
Pour aller plus loin…
L’excellente FAQ de Astral Codex Ten. J’aime bien la façon dont il résout la plupart des questions en disant : “Soit c’est vrai, soit vous pouvez vous enrichir facilement”, voir aussi ses billets “Mantic Monday”, par exemple celui-ci.
Sites de marchés de prédictions : Iowa Electronic Markets, PredictIt, Polymarket, Manifold, Metaculus (ces deux derniers proposent des prévisions sur une multitude de sujets sans nécessiter de mise d'argent réel)
Overcoming Bias de Robin Hanson, l'un des pionniers théoriques des marchés de prédictions.*
Prediction Markets (Justin Wolfers et Eric Zitzewitz, Journal of Economic Perspectives, 2004) pour une analyse économique du fonctionnement de ces marchés.










C’est super intéressant
Salut, tu es prêt pour faire des cours d'économie. Une corde de plus à ton arc. Cordialement